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Cantines : Clichy et Colombes font la chasse au million de repas perdus

Illustration.  Depuis 2012, le prestataire qui assure la restauration dans les écoles des deux villes a livré plus d’un million de repas en trop. Lesquels ont été facturés.

 

Illustration. Depuis 2012, le prestataire qui assure la restauration dans les écoles des deux villes a livré plus d’un million de repas en trop. Lesquels ont été facturés. (LP/Adeline Daboval.)

Un million de repas ont été livrés « en trop » depuis quatre ans dans les cantines de Colombes et Clichy ! Ce chiffre émane du prestataire, le syndicat mixte Sivu-CoCliCo, crée le 1er janvier 2012 par les deux communes à l’époque socialistes, aujourd’hui LR.

Et il a été rendu public à l’occasion du conseil municipal de Colombes, la semaine dernière, par Rémi Noual (sans étiquette), adjoint aux finances de la ville et président du Sivu-CoCliCo. « Rapporté au nombre de jours d’activité du syndicat mixte, cela représente 1 000 repas par jour qui n’ont pas été servis aux enfants », explique Frédéric Souchet, directeur général des services du prestataire. Des repas qui sont néanmoins facturés 3,66 € l’unité aux deux communes. Avec une question à laquelle personne n’ose répondre : où finissent les aliments ?

Les deux villes ont commencé à prendre le problème à bras-le-corps. La diminution drastique des commandes début mars et l’option « raviolis » les jours où il manquait finalement des repas avait suscité une levée de boucliers à Clichy (lire l’encadré). La ville réfléchit désormais à une nouvelle procédure d’inscription pour limiter le différentiel entre les quantités livrées et les repas facturés aux familles. Aujourd’hui, le comptage se fait encore le matin, en classe, en demandant aux enfants de lever la main… Mais les efforts d’ajustement des commandes ont commencé à porter leurs fruits. « Nous sommes passés de 1 000 repas livrés en trop à 200 d’après les chiffres de ces derniers jours », poursuit Frédéric Souchet, pour qui les nouveaux processus ont permis de « sensibiliser tout le monde ».

Clichy va notamment installer à la rentrée prochaine des bornes sur lesquels les enfants déjeunant à la cantine devront « badger » en arrivant le matin. Et mettre en place un principe de préinscription avec deux semaines d’avance. A Colombes, la municipalité a déjà changé les règles : les préinscriptions sont obligatoires, avec une pénalité promise de 5 € aux parents qui n’annulent pas avant 9 h 30 le jour même. Mesure qui n’a pour l’heure jamais été appliquée.

Les raviolis, c’est fini

En mars, pour limiter le gaspillage et faire des économies, Clichy avait diminué les commandes de façon conséquente. Avec une option raviolis bio aux épinards servie les jours où il manquait finalement des repas. Cette solution, qui avait suscité une levée de boucliers, est aujourdhui abandonnée. « La municipalité a assuré que seuls le personnel et les instituteurs mangeaient ces raviolis, ce qui est totalement faux puisqu’ils ont également été servis aux enfants », s’est agacée l’élue Samia Idri (PS), qui dénonçait le « non-respect des mesures d’hygiène » concernant leur stockage dans les établissements, et accusant la municipalité de droite « d’affamer les enfants » et de « mentir sur la réalité ». Des arguments qui ne sont pas du goût du prestataire. « Ces raviolis n’étaient absolument pas des repas au rabais, notamment parce que leur prix de revient était plus élevé qu’un repas classique, tient à préciser l’intéressé. Les parents comprennent si on leur explique bien les choses, poursuit-il. Il faut sortir des discours politiques : la restauration scolaire n’est ni de droite, ni de gauche ! »

A.-S.D.

Source : http://www.leparisien.fr/clichy-92110/cantines-clichy-et-colombes-font-la-chasse-au-million-de-repas-perdus-25-05-2016-5828631.php

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